Le mouvement est la base de la survie


Nous avons souvent tendance à hésiter lorsqu’il faut prendre une décision, nous avons peur de l’inconnu, peur de se mettre en mouvement. Mais parfois, le changement peu nous sauver, voir nous libérer.

 

Angèle est arrivée

 

Nous sommes en 1998, un après-midi de mois d’Août. À Kinshasa, c’est la pagaille.

La deuxième guerre du Congo a déjà commencé. Dans une parcelle au Sud de la ville, je joue, accompagnée de mes deux sœurs, avec des bouteilles en plastique de fortune. Nous sommes seules. Les parents sont partis sillonner la ville à la recherche d’un marché qui serait miraculeusement approvisionné en nourriture. Les plus grands, frères et sœurs, eux, sillonnent aussi la ville à la recherche d’eau.

Soudain, un bruit sourd retenti. Quelqu’un frappe violement au portail d’entrée. Pris de panique, nous faisons le silence. Des rebelles ? Des militaires ? Des bandits ?

10 minutes passent et la personne derrière le portail insiste.

Du haut de mes 11 ans, je demande : « qui est-ce ? »

– « C’est Angèle, ouvrez-moi ! », répond la voix.

Nous courons tous les trois ouvrir la porte. C’était elle, une cousine, enceinte et sur le point d’accoucher. Elle tombe littéralement dans nos bras, juste avant que nous refermions le portail.

Cette femme de 23 ans venait de parcourir 60 km en deux semaines à pied ; ne sachant pas vraiment où elle allait ; sans manger véritablement ; fuyant les balles de la guerre et ne sachant pas non plus où se trouvaient son mari ainsi que sa fille aînée âgée alors de 2 ans.

A force de piétiner sur place, vous reculez

Pourquoi je vous raconte cette histoire ? Souvent, les gens me disent :

  • J’ai peur de l’inconnu, je préfère rester là, ici je maîtrise la situation,
  • Je veux tout planifier,
  • J’aimerai avoir un plan écrit et prévoir un plan B au cas où…
  • Ce n’est pas urgent, je verrai demain,
  • Je ne pense pas être capable
  • Etc.

Maintenant, je vous pose ces questions :

Que lui serait-il arrivé si, le jour où les combats s’étaient intensifiés dans sa ville, elle avait décidé de réfléchir, faire un plan de fuite, tout prévoir pour que tout soit parfait ?

Aurait-elle mieux fait de s’asseoir au milieu du marché où les affrontements l’ont trouvée, chercher une feuille et un stylo et rédiger un plan par peur de l’inconnu ?

Aurait-elle mieux fait de retourner en arrière chez elle, chercher son mari ainsi que sa fille ?

Serait-elle encore en vie si elle avait décidé de questionner sa capacité à courir à 9 mois de grossesse ?

 

Vous ne maîtrisez rien, soyez « Angèle »

 

La prise de risque fait peur, avancer fait peur, le changement terrifie.

Vous êtes entourés d’organismes vivants qui sont eux en mouvement, le monde vie et avance, il bouge ! Vous ne maîtrisez donc rien !

Et le risque dans tout ça ? Je vous réponds ceci : même respirer est un risque, alors risquez d’abord et vous verrez bien comment rebondir ensuite car vous êtes capable.

Angèle n’a même pas eu le temps de regarder dans quelle direction elle allait, elle a bougé tout simplement.

Et ce mouvement lui a sauvé.

Le meilleur moyen de mourir, c’est de ne pas se mettre en mouvement.

Sortez de chez vous, allez voir ce qui se passe dehors et ADAPTEZ-VOUS.

 

Laetitia NGIMBI LENGANI

 

Initialement publié sur LinkedIn ici


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